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	<title>numerik &#187; Franck Le Dortz</title>
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	<description>réflexions sur les usages autour des dispositifs numériques </description>
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		<title>Futur Imparfait : Alan Turing</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Jun 2012 09:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Franck Le Dortz]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[épistémologie]]></category>
		<category><![CDATA[futur imparfait]]></category>

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		<description><![CDATA[Alan Turing est d&#8217;abord connue par la machine qui porte son nom. En 1936, Alan turing dans un article décrit un modèle abstrait sur le fonctionnnement des appareils mécaniques de calcul. Cette procédure mécanique permet d&#8217;exécuter tout algorithme et se comporte comme un ordinateur avec un programme déterminé. C&#8217;est pendant la seconde guerre mondiale que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_267" style="width: 445px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.ledortz.com/numerik/futur-imparfait-alan-turing/turing/" rel="attachment wp-att-267"><img class="size-full wp-image-267" title="turing" src="http://www.ledortz.com/numerik/wp-content/uploads/2012/06/turing.jpg" alt="" width="435" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Alan Turing debout à côté de la console du Ferranti Mark 1 en 1951</p></div>
<p>Alan Turing est d&rsquo;abord connue par la machine qui porte son nom. En 1936, Alan turing dans un article décrit un modèle abstrait sur le fonctionnnement des appareils mécaniques de calcul. Cette procédure mécanique permet d&rsquo;exécuter tout algorithme et se comporte comme un ordinateur avec un programme déterminé.<br />
C&rsquo;est pendant la seconde guerre mondiale que Alan Turing se distingue en cassant les codes cryptographiques allemands de la machine Enigma. C&rsquo;est grâce à ces travaux antérieur réaliser à l&rsquo;université de Princeton qu&rsquo;il aide à concevoir une machine électromécanique destinée à déchiffrer les codes allemands. Et c&rsquo;est toujours dans un processus d&rsquo;amélioration de la machine de décodage, qu&rsquo;il jette les bases du premier ordinateur électronique ; le Colossus, le premier calculateur fondé sur le language binaire.<br />
En 1949, il devient directeur délégué au sein du laboratoire d&rsquo;informatique de l&rsquo;université de Manchester. Il travaille sur l&rsquo;un tout premiers ordinateurs, le Manchester Mark I. Ces travaux portent sur l&rsquo;écriture d&rsquo;algorithme capable de résoudre les problèmes de calculs<br />
mathématiques pouvant se décrire sous forme de procédure. Par la suite, il développe les concepts modernes de programmation et de programme.<br />
En parallèle, il explore son concept d&rsquo;intelligence artificielle dans l&rsquo;article “Computing Machinery and Intelligence, 1950“ et met en œuvre une expérience &#8211; le test de Turing &#8211; qui tente de qualifier si une machine est consciente.<br />
A partir de 1952, la carrière d&rsquo;Alan Turing sera stopper par un procès pour son homosexualité, il sera inculpé et subira une castration chimique. En 1954, il décède d&rsquo;un empoisonnement au cyanure vraisemblablement suite à un suicide.<br />
C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui le 23 juin 2012, le centenaire de sa naissance.</p>
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		<title>ImaGIFnation</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Mar 2012 21:27:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Franck Le Dortz]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[arts numériques]]></category>
		<category><![CDATA[épistémologie]]></category>
		<category><![CDATA[visual Studies]]></category>

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		<description><![CDATA[Le format GIF pour Graphics Interchange Format « format d&#8217;échange d&#8217;images » à été mis au point par CompuServe le 23 mars 1987 pour permettre le téléchargement d&#8217;images en couleur. Ce format à la particularité de pouvoir contenir plusieurs images qui peuvent tourner en boucle à des vitesses de défilements variables. Dans les débuts d&#8217;internet, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_229" style="width: 450px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.ledortz.com/numerik/imagifnation/gif/" rel="attachment wp-att-229"><img class=" wp-image-229 " title="GIF" src="http://www.ledortz.com/numerik/wp-content/uploads/2012/03/GIF.gif" alt="" width="440" height="205" /></a><p class="wp-caption-text">illustration/collage d&#39;images de Muybridge et de glitch : Franck Le Dortz</p></div>
<p>Le format GIF pour Graphics Interchange Format « format d&rsquo;échange d&rsquo;images » à été mis au point par CompuServe le 23 mars 1987 pour permettre le téléchargement d&rsquo;images en couleur. Ce format à la particularité de pouvoir contenir plusieurs images qui peuvent tourner en boucle à des vitesses de défilements variables.</p>
<p>Dans les débuts d&rsquo;internet, le format GIF fut beaucoup utilisé pour enrichir les sites un peu aride d&rsquo;un point de vue esthétique. Ce format incarnait un imaginaire et une vision de l&rsquo;internet très fort. Pour reprendre les thèses de <a href="http://imaginaires.telecom-paristech.fr/2010/10/11/inauguration-le-discours-de-pierre-musso/" target="_blank">Pierre Musso</a>, les objets techniques produisent des fictions, et le format GIF par un mouvement répété le plus souvent en boucle, incarne dans un sens rhétorique, une tautologie de l&rsquo;internet comme espace en devenir. En effet l&rsquo;animation des images se présentent déjà comme un scénario, certes réduit mais mieux à même de produire par effet de répétition, la même idée sous plusieurs formes différentes.</p>
<p>Les GIF animés se déploient dans deux directions, la première direction traverse la notion du temps et la seconde explore la notion d&rsquo;espace. Nous verrons que ces deux formes remette à jour des dispositifs visuels anciens.<br />
La notion de temps est très présente dans les GIF animés, elle se déploie sur quelques images qui tournent en boucle. Si les raccords sont bien exécutés, l&rsquo;animation prend un sens presque métaphysique, elle tourne indéfiniment et potentiellement elle ne peut s&rsquo;arrêter. L&rsquo;agencement des différentes images peut être considéré comme un montage cinématographique avec les mêmes techniques dont l&rsquo;effet Koulechov. En 1922, le cinéaste russe Lev Koulechov fait une expérience de psychologie cognitive, il filme l&rsquo;image d&rsquo;un visage neutre (celui de l&rsquo;acteur russe Ivan Mousjoukine) et insère deux plans de manière successifs (celui d&rsquo;un enfant mort et celui d&rsquo;une jeune femme lascive). Cette expérience nous montre la façon dont une image peut influer sémantiquement sur les images qui l&rsquo;entourent et amène le spectateur à interpréter les images dans leurs successions et non dans leurs dépendances. Cette technique est encore utilisée dans l&rsquo;industrie cinématographique pour donner une intention dramaturgique à des séquences de film. Il s&rsquo;agit bien ici d&rsquo;introduire de la différence dans la répétition pour simplifier la pensé de Gilles Deleuze. La différence se manifeste pas effet de contagion dans la répétition d&rsquo;images en boucle.</p>
<p>La seconde nature des GIF animés se manifeste de deux façons, d&rsquo;une part par la décomposition du mouvement d&rsquo;un objet dans l&rsquo;espace et d&rsquo;autre part par l&rsquo;alternance du point de vue. La décomposition du mouvement est dans l&rsquo;histoire de la photographie, une très ancienne question et celle-ci à trouvée des solutions avec deux inventeurs. Il s&rsquo;agit pour le premier du physiologiste français Étienne-Jules Marey et de la chronophotographie qui permet à l&rsquo;aide d&rsquo;un obturateur rotatif d&rsquo;exposée plusieurs fois une plaque photographique. Une autre technique utilisée par Eadweard Muybridge à l&rsquo;avantage de décomposer le mouvement à l&rsquo;aide de plusieurs appareils photographiques et d&rsquo;obtenir ainsi plusieurs vues d&rsquo;un même sujet en mouvement. L&rsquo;avantage du procédé de Muybridge au moment de la prise permet surtout de reconstituer le mouvement par projection des différentes prises de vues. Muybridge reste bien le précurseur du cinéma avec son zoopraxiscope, considéré comme le premier dispositif de visualisation cinématographique. Même si le principe de l&rsquo;illusion du mouvement fondé sur la persistance rétinienne à d&rsquo;abord été inventé par le belge Joseph Plateau en 1832 avec son phénakistiscope et repris en 1834 par William George Horner avec son zootrope puis enfin par Émile Reynaud en 1877 avec son praxinoscope.<br />
L&rsquo;alternance du point de vue est réalisée par la technique de la stéréoscopie qui par un décalage des prises de vue permet d&rsquo;obtenir un effet de profondeur. David Brewster applique le principe de la stéréoscopie à la photographie en 1844. L&rsquo;alternance de deux images produits un effet de relief assez saisissant. La New York Public Library Labs nous fait revivre ces effets d&rsquo;optiques sur son site <a href="http://stereo.nypl.org/" target="_blank">Stereogranimator</a> et sa collections de 40 000 stéréographes. Les animations GIF nous donnent à voir ces images doubles avec la mise en place d&rsquo;un dispositif qui permet de positionner le point central à partir duquel les images effectuerons leurs décalages.</p>
<p>De format modeste, le GIF nous ramènent à un folklore digital apparue dans les années 90 avec l&rsquo;avènement du web pour reprendre l&rsquo;expression d&rsquo;<a href="http://digital-folklore.org/" target="_blank">Olia Lialina et Dragan Espenschied</a>. Ce format est bien la continuité technique et esthétique de la photographie et du cinéma et sa facilité de mise en œuvre en a fait un médium populaire à l&rsquo;ère du numérique. 25 ans après son apparition, certains artistes tentent malgré tous de redonner ses lettres de noblesse au GIF animé. Il suffit de voir les extraordinaires GIF de l&rsquo;illustrateur et graphiste américain <a href="http://dainfagerholm.blogspot.it/" target="_blank">Dain Fagerholm</a> ou de la photographe <a href="http://fromme-toyou.tumblr.com/tagged/gif" target="_blank">Jamie</a>.</p>
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		<title>Futur Imparfait : Paul Otlet</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 16:29:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Franck Le Dortz]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[futur imparfait]]></category>

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		<description><![CDATA[Bien avant l’introduction des terminaux informatiques à l’université, en 1934, Paul Otlet imagine dans un texte prémonitoire ce que sera Internet et de notre rapport au savoir : «Ici, la table de travail ne serait plus chargée d’aucun livre. À leur place se dresse un écran et à portée un téléphone. Là-bas au loin, dans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_98" style="width: 445px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.ledortz.com/numerik/paul-otlet/mondotheque/" rel="attachment wp-att-98"><img class="size-full wp-image-98" title="mondotheque" src="http://www.ledortz.com/numerik/wp-content/uploads/2012/02/mondotheque.jpg" alt="" width="435" height="410" /></a><p class="wp-caption-text">La mondotheque de Paul Otlet</p></div>
<p>Bien avant l’introduction des terminaux informatiques à l’université, en 1934, Paul Otlet imagine dans un texte prémonitoire ce que sera Internet et de notre rapport au savoir : «Ici, la table de travail ne serait plus chargée d’aucun livre. À leur place se dresse un écran et à portée un téléphone.<br />
Là-bas au loin, dans un édifice immense, sont tous les livres et tous les renseignements… De là, on fait apparaître sur l’écran la page à lire pour connaître la réponse aux questions posées par téléphone, avec ou sans fil. (…) Utopie aujourd’hui, parce qu’elle n’existe encore nulle part, mais elle pourrait bien devenir la réalité pourvu que se perfectionnent, encore nos méthodes et notre instrumentation. ».</p>
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		<title>Interfaces culturelles et linguistiques sur internet (2)</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 12:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Franck Le Dortz]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[épistémologie]]></category>
		<category><![CDATA[TIC]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous verrons donc quelques outils spécifiquement conçus pour le langage et verrons quelles sont leurs caractéristiques spécifiques dans la mise en place de leurs conceptions entre l’articulation du texte et un environnement graphique via des interfaces. Il existe non pas un modèle mais bien plusieurs modèles. Nous ne ferons pas ici la typologie complète des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_71" style="width: 445px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.ledortz.com/numerik/interfaces-culturelles-et-linguistiques-sur-internet-2/livres/" rel="attachment wp-att-71"><img src="http://www.ledortz.com/numerik/wp-content/uploads/2012/01/livres.jpg" alt="La roue à livres d’Augusto Ramelli" title="livres" width="435" height="638" class="size-full wp-image-71" /></a><p class="wp-caption-text">La roue à livres d’Augusto Ramelli</p></div>
<p>Nous verrons donc quelques outils spécifiquement conçus pour le langage et verrons quelles sont leurs caractéristiques spécifiques dans la mise en place de leurs conceptions entre l’articulation du texte et un environnement graphique via des interfaces. Il existe non pas un modèle mais bien plusieurs modèles. Nous ne ferons pas ici la typologie complète des approches en visualisation de l’information. Nous nous limiterons sur des dispositifs liés au langage. Sont donc exclus tout type de représentation de données cartographiques.<br />
Nous allons analyser quatre types d’interfaces utilisant des mots contenue dans un environnement graphique pour structurer la navigation :<br />
1 &#8211; la première et la plus simple est l’interface de type hypertexte<br />
2 &#8211; la seconde est la représentation de type nuage de tags appelée encore folksonomie<br />
3 &#8211; la troisième que l’on nomme carte heuristique<br />
4 &#8211; et la dernière interface est la visualisation graphique interactive</p>
<p>1 &#8211; Si l’hypertexte peut-être considéré comme une interface archaïque au regard des autres types d’interface, elle reste toutefois un élément majeur dans la construction d’internet. Elle trouve une évolution dans un module à installer sur son navigateur. Il s’agit du plug-in <a href="http://www.hyperwords.net/index.html" target="_blank">Hyperwords</a>. L’idée simple consiste à permettre à l’utilisateur par un simple clic de blogger, d’envoyer, traduire, copier, analyser, comparer, convertir, de rechercher sur le site Amazon, etc. Le mot ou la phrase qu’il aura sélectionné, ce à travers une suite de menus déroulants et de fenêtres. Par cette amplification du principe d’hypertexte, chaque mot devient un choix pour le lecteur, choix de le partager, de le traduire etc.</p>
<p>2 &#8211; Les nuages de tags ou folksonomie sont indissociables du web 2.0. Ces représentations de mots sont des termes adopté par les contributeurs de blogs, forum, wiki pour la classification de leurs ressources. Un nuage de tags joue sur la proximité visuel des mots en accordant une taille de police différente selon la popularité d’un concept, qui a fédéré plusieurs rattachements dans un site. La pertinence de cette approche peut induire en erreur l’utilisateur peu au fait de cette pratique. En effet, la présentation des nuages de tags, en général sur les côtés du site, n’est pas expliquée. La relation entre le producteur de l’article avec son tag qui lui est associé et la recherche d’un texte par le récepteur ne se fait ici qu’avec un ou quelques mots.</p>
<p>3 &#8211; La carte heuristique permet à tout à chacun d’organiser et de structurer ses connaissances autour de mots-clés reliés entre eux selon leur proximité sémantique ou des liens hiérarchiques entre différents concepts. L’avantage de cette interface tient dans le fait qu’il n’a que très peu d’instruction à suivre une fois le principe acquis et de pouvoir conceptualiser une idée avec juste quelques mots clés, l’articulation en phrase pouvant se faire ultérieurement pour les personnes peu à l’aise avec le langage. Les inconvénients de cette approche sont dans le choix des mots par l’utilisateur. En effet, en raison de la grande subjectivité des mots choisis, pour définir un concept, l’échange de carte heuristique peut poser un certain nombre de problèmes au niveau de l’interprétation entre plusieurs utilisateurs. Néanmoins, certains logiciels permettent d’établir et de partager en ligne des cartes heuristiques notamment <a href="http://www.pearltrees.com/" target="_blank">Pearltrees</a>.<br />
Le site Pearltrees se propose donc d’élaborer l’organisation de l’interface sur un principe autocentré, c’est à dire la présentation de son profil puis tout autour s’agrègent les contributions des autres membres selon la proximité de sens d’un terme. On a donc un réseau social visuel par affinité de sens.</p>
<p>4 &#8211; La quatrième et dernière interface est du type dictionnaire sémantique. Il s’agit ici du site du laboratoire CRISCO 6 de l’université de Caen et des laboratoires <a href="http://www.crisco.unicaen.fr/cgi-bin/cherches.cgi" target="_blank">CLLE-ERSS &#038; IRIT</a>. Sur le site du CRISCO, on peut visualiser l’espace sémantique d’un termes et la liste de ses synonymes. La représentation se fait selon 2 axes avec la distribution des synonymes de par et d’autres des deux axes.<br />
Pour le projet <a href="http://erss.irit.fr:8080/graph/prox-synonyme-fr/" target="_blank">Interface Prox</a>, le mode de représentation de l’interface se fait en 3D, le terme choisie est relié aux autres synonymes dans un espaces à 3 dimensions où l’utilisateur peut faire tourner la représentation. On voit directement le réseaux sémantique du terme choisie par une modélisation géométrique du sens avec selon les propos des concepteurs : «une dynamique d’acquisition du général vers le particulier par raffinement et un raisonnement à granularité variable ce qui permet de faire chuter la complexité. L’un des objectifs est par exemple de mieux comprendre comment l’enfant acquiert et reproduit le lexique de sa langue maternelle, de quelques mots, puis quelques centaines, jusqu’à disposer du réseau lexical général d’un adulte.»<br />
A travers ses 4 exemples d’interface, il me semble qu’il y a aujourd’hui sur internet une tentative de spacialisation du langage par de simples mots et qui finalement recouvre tout un corpus de textes épars. Aussi dans les exemples précèdant, on peut voir la place de chaque mot dans les quatre types d’interfaces :<br />
1 &#8211; chaque mot devient interface et propose des actions prédéfinis pour que l’utilisateur lui même mette en relation un mot ou groupe de mots selon des actions prédéfinies<br />
2 &#8211; chaque mot devient interface par une représentation graphique de la popularité du texte sous-jacent<br />
3 &#8211; chaque mot est définie par les utilisateurs selon une proximité sociale ou par affinité d’intêret<br />
4 &#8211; chaque mot est définie à l’avance par le concepteur et par le traitement des algorithmes, mais est donnée à l’utilisateur la possibilité de naviguer de façon très naturelle.</p>
<p>A travers cette brève analyse des quatres catégories, il me semble qu’un mot selon son contexte (le site, le design, l’interface), peut renvoyer à autre chose que sa définition propre. Il appelle aussi, et parce qu’il prend un sens différent selon le parcours de l’utilisateur (parcours personnel et parcours sur le réseau), à une appropriation ou à une exclusion de la polysémie du mot, car il faut tout saisir de suite par le graphique où chaque élément est défini à l’avance soit par les concepteurs, soit par les utilisateurs. Ainsi, la linéarité et la temporalité du texte laissent place à des systèmes spatiaux, dont la graphique nous communique dans le même temps les relations qui sous-tendent les mots, les tags avec le risque de ne prendre les mots que pour des icônes<br />
laissant de côté la complexité et la richesse du langage.</p>
<p>On peut se poser aussi la question de la réalité sociolinguistique qui se cache derrière les mots ou groupes de mots présenté sur les différentes interfaces. <a href="http://www.livre-paca.org/index.php?show=dazibao&#038;id_dazibao=110&#038;type=5&#038;article=1611" target="_blank">Bernard Stiegler</a> nous dit que «parler, c’est avant tout catégoriser» et que l’avènement du web 2 renforce les pratiques linguistiques fondée sur les savoirs ordinaires du langage et que le métalangage ne peut apparaître que «comme l’après-coup d’une pratique technicisée de ce langage». Ce métalangage est une production empirique générée par l’ensemble des acteurs du réseau et non seulement par des spécialistes. Aussi, il faut bien voir que ces activités de métalangage, c’est à dire le processus de grammatisation, sont conditionnées par des chercheurs, ingénieurs du monde informatique et des télécommunications. L’information et le langage se trouvent ainsi transformés par les nouvelles pratiques collaboratives du web dit social.</p>
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		<title>Circulation de l’information en temps réel sur les territoires</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 19:13:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Franck Le Dortz]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[épistémologie]]></category>
		<category><![CDATA[TIC]]></category>

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		<description><![CDATA[Si la production d’information et sa circulation avec l’avènement du web 2.0 est une réalité bien concrète pour une majorité d’individus, l’accès aux données produites par des agents territoriaux, les capteurs mis en place sur les terrritoires pour y mesurer certains paramètres propres à chaque écosystème urbain peuvent rester stockés dans les systèmes d’informations et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_62" style="width: 445px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.ledortz.com/numerik/circulation-de-linformation-en-temps-reels/info/" rel="attachment wp-att-62"><img src="http://www.ledortz.com/numerik/wp-content/uploads/2012/01/info.jpg" alt="illustration : Franck Le Dortz" title="info" width="435" height="300" class="size-full wp-image-62" /></a><p class="wp-caption-text">illustration : Franck Le Dortz</p></div>
<p>Si la production d’information et sa circulation avec l’avènement du web 2.0 est une réalité bien concrète pour une majorité d’individus, l’accès aux données produites par des agents territoriaux, les capteurs mis en place sur les terrritoires pour y mesurer certains paramètres propres à chaque écosystème urbain peuvent rester stockés dans les systèmes d’informations et ne jamais circuler sur le web. Plusieurs raison à cela :<br />
la première est d’ordre culturel ; des administrations et des entreprises considèrent leurs informations comme confidentielles. Puis entre la production et sa mise à disposition, il faut à juste titre la vérifier, ce qui implique un temps de latence entre ces deux opérations. Un dernier frein, et non des moindres, est la présentation de l’information, en effet celle-ci ne peut être diffusée sans un minimum de mise en forme.<br />
Les problèmes techniques de la circulation de l’information étant presque résolus, une limite dans les transmissions et donc dans la coordination de l’information est apparue comme le souligne Paul Virilio «Le tempslumière (ou si l’on préfère, le temps de la vitesse de la lumière) servant désormais d’étalon absolu à l’action immédiate». L’enjeu majeur des prochaines années est bien la mise en forme des données et leur visibilité.<br />
Produire des données sans extraire le bruit informationnel ne permet pas une réception cognitive en temps réel par les individus. Il s’agit de représenter des données de façon plus visuelle pour une aide à la décision plus rapide des individus sur le territoire. Donc une information lisible et accessible partout en temps réel est aujourd’hui possible avec la multiplication des écrans (smartphone, tablette tactile) et les applications de réalité augmentée propres à superposer des informations à une réalité géographique. Quelques outils existent pour valoriser des données comme <a href="http://www.tableausoftware.com/public/" target="_blank">Tableau Public</a> ou <a href="http://pictearth.com/" target="_blank">Pictearth</a> qui permettent de faire des graphiques interactifs avec des filtres à partir de n’importe quelle base de données. Des projets de nature plus expérimentaux voient le jour, portés par des artistes comme le studio de désign <a href="http://stamen.com/" target="_blank">Stamen design</a> avec <a href="http://stamen.com/clients/cabspotting" target="_blank">Cabspotting</a> ou le site <a href="http://infosthetics.com/" target="_blank">infosthetics.com</a> qui présentent divers projets allant dans ce sens. Il s’agit dans tous ces projets d’intégrer la dimension temporelle des informations et de la replacer dans un contexte local, la bonne information au bon moment et personnalisable avec une multitude de filtres.<br />
La multiplication des données, qu&rsquo;elles soient personnelles, commerciales, institutionnelles, doivent se recouper pour répondre aux usages des habitants d’un territoire, et ce, de manière le plus décloisonné possible.<br />
En effet, les enjeux d’aménagement, des transports, du commerce et des services peuvent trouver à terme une réponse dans ce que le sociologue Bruno Marzloff nomme le concept de «suite servicielle». Dans un espace urbain de plus en plus complexe, il faut offrir des services pour répondre aux besoins et usages émergents, dans un esprit de continuité d’accès à ces services, quels que soient le lieu, le moment ou le canal. Le double problème ici réside dans la capacité à agréger et articuler des acteurs différents (individus, entreprise, collectivité) et de penser ces services en termes d’usage accessible à tous. La place de l’homme dans cette espace hyperconnecté v-a t’elle réellement favoriser une proximité physiconumérique et ainsi créer un continuum relationnel. Déjà, certains s’en inquiètent : «c’est ce que réalisent les télétechnologies du temps réel : elle tuent le temps présent en l’isolant de son ici et maintenant, au profit d’un ailleurs commutatif qui n’est plus celui de notre présence concrète au monde, mais celui d’une téléprésence discrète dont l’énigme reste entière».</p>
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		<title>Interfaces culturelles et linguistiques sur internet (1)</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2012 19:06:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Franck Le Dortz]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[épistémologie]]></category>
		<category><![CDATA[TIC]]></category>

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		<description><![CDATA[Les premières formes de textes dans son acception historique, étaient une transposition des langues orales, transcrivant au plus près la linéarité et le flux du discours. Cette forme textuelle suit une progression linéaire et repose sur une logique séquentielle. Aussi, pour comprendre de quoi parle un texte, il est nécessaire de lire de manière linéaire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_150" style="width: 445px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.ledortz.com/numerik/interfaces-culturelles-et-linguistiques-sur-internet/arbor_moralis/" rel="attachment wp-att-150"><img src="http://www.ledortz.com/numerik/wp-content/uploads/2012/01/arbor_moralis.jpg" alt="L&#039;arbre des vices et des vertus, Arbor moralis, par Raymond Lulle, 1515" title="arbor_moralis" width="435" height="638" class="size-full wp-image-150" /></a><p class="wp-caption-text">L&#039;arbre des vices et des vertus, Arbor moralis, par Raymond Lulle, 1515</p></div>
<p>Les premières formes de textes dans son acception historique, étaient une transposition des langues orales, transcrivant au plus près la linéarité et le flux du discours. Cette forme textuelle suit une progression linéaire et repose sur une logique séquentielle.<br />
Aussi, pour comprendre de quoi parle un texte, il est nécessaire de lire de manière linéaire les mots, les phrases. Ce n’est qu’après avoir tout lu qu’on a une vision complète du texte. Un sommaire, un plan, un index peuvent nous orienter dans l’appréhension globale du texte, mais cette orientation reste interne au texte. Néanmoins, comme le dit <a href="http://www.arpla.fr/canal10/cauquelin/conf.html" target="_blank">Anne Cauquelin</a> « citation et notes de bas de page, toutes deux pratiquées dans l’écriture avec ou sans traitement de texte (…) se tiennent du côté de l’interaction, du côté du possible. »<br />
La notion d’hypertexte, initiée par le philosophe Ted Nelson en 1965 qui la définissait comme « une forme d’écriture non séquentielle », participe aussi de cette fragmentation du texte par la liaison entre différents documents hétérogènes. Cependant, l’hypertexte rend la lecture plus complexe, car il n’y a plus de plan ordonné mais bien une multitude de fragments. De là découle une désorientation de l’internaute qui perd le lien entre ce qui est affiché sur son écran et le but initial de sa recherche. Cette désorientation est due à une limitation de la mémoire à court terme qui ne peut répondre à cette surcharge cognitive. Le récepteur est amené, à partir des liens hypertextes, à devoir structurer tous les champs possibles des parcours pour une reconfiguration du sens, tout comme le producteur de langage sur internet est aussi producteur d’un réseau d’éléments en interaction.<br />
En parallèle au texte linéaire, s’est développée une longue tradition en sciences humaines de présentation de concepts sous forme d’arbre, de diagramme, de logigramme, de tableau, qui va de l’arbre de Porphyre au IIIe siècle av. J.-C. jusqu’à l’usage des tableaux dans l’analyse structurale par Lévi-Strauss.<br />
Par exemple, la taxinomie des êtres vivants sous forme graphique arborescente est plus rapidement comprise et exploitée que sous sa forme purement textuelle. L’information véhiculée par les deux représentations est identique, mais la première, graphique, minimise et surtout optimise l’effort cognitif. En philosophie du langage et en linguistique, la notion de monosémie désigne la propriété qu’a un terme signifiant (mot, symbole&#8230;) de n’avoir qu’un seul sens. Cette propriété n’appartient pas habituellement aux signes linguistiques. En effet, leurs valeurs sont différentielles, c&rsquo;est-à-dire qu’elles sont relative aux rapports que les signes entretiennent dans la chaîne linguistique, le terme isolé présente donc une polysémie de sens.<br />
Par opposition, le langage graphique peut être considéré comme monosémique. Il ne se prête pas facilement à l’interprétation quant à la nature de ses relations et de son parcours logique. Le langage graphique, comme le langage géométrique, est universel. Il peut aider en partie à surmonter les difficultés que sont les barrières des langues nationales, tout en exprimant aussi bien la quantité (par des secteurs) que la qualité (par des alignements).<br />
Un exemple nous est donné par <a href="http://tecfa.unige.ch/perso/mireille/" target="_blank">Mireille Betrancourt</a> «“Pierre est plus grand que Paul, Jean est plus petit que Paul”, les relations de taille entre Pierre et Jean doivent être inférées, mais elles sont directement perceptibles dans un schéma figurant les trois personnages. » De fait, il est beaucoup plus facile de traiter des informations relationnelles entre éléments à partir d’une visualisation qu’à partir d’un texte, que ces relations soient réellement ou métaphoriquement spatiales. En effet, alors que ces informations doivent être déduites d’une description verbale, elles sont directement perçues dans une visualisation.<br />
On voit bien que les schémas ou diagrammes proposent une articulation et une relation entre les mots, les concepts ou les idées par distinction ou par similitude et font ainsi émerger un réseau de relations par ressemblance ou proximité. Le graphique ou schéma s’impose donc comme règle de réécriture dans un souci d’économie de langage. La monosémie du graphique impose d’emblée une réduction de la polysémie des mots contenue dans un environnement graphique en les orientant et en les reliant dans une structure graphique.</p>
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		<title>Futur Imparfait : Ernst Jünger</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 16:53:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Franck Le Dortz]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[futur imparfait]]></category>

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		<description><![CDATA[Ernst Jünger imagine dans son roman dystopique Héliopolis paru en 1949, un dispositif mobile. Le phonophore est bien un concept de smartphone avec toutes les possibilitées et les usages contemporains : « Transmet les programmes de tous les émetteurs et des agences d’informations, académies, universités, ainsi que les émissions permanentes de l’Office du Point et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_116" style="width: 445px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.ledortz.com/numerik/ernst-junger/heliopolis/" rel="attachment wp-att-116"><img class="size-full wp-image-116" title="heliopolis" src="http://www.ledortz.com/numerik/wp-content/uploads/2012/02/heliopolis.jpg" alt="" width="435" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Le roman Héliopolis d'Ernst Jünger</p></div>
<p>Ernst Jünger imagine dans son roman dystopique Héliopolis paru en 1949, un dispositif mobile. Le phonophore est bien un concept de smartphone avec toutes les possibilitées et les usages contemporains : « Transmet les programmes de tous les émetteurs et des agences d’informations, académies, universités, ainsi que les émissions permanentes de l’Office du Point et des Archives centrales. Permet de consulter tous les livres et tous les manuscrits, si du moins les archives centrales en ont pris en enregistrement sonore et que l’Office du Point les a mis dans son catalogue; peut se brancher sur les théâtres, concerts, bourses, tirages de loterie, assemblées, bureaux de vote et conférences, et peut faire l’office du journal, d’agence de renseignement idéale, de bibliothèque et d’encyclopédie. Met en communication avec tout autre phonophore au monde.»</p>
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		<title>Cartographie participative</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Nov 2011 10:22:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Franck Le Dortz]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[TIC]]></category>
		<category><![CDATA[visual Studies]]></category>

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		<description><![CDATA[« L’homme est non seulement un animal social, mais un animal qui ne peut s’individualiser que dans la société », écrivait Karl Marx. Pour s’accomplir, l’homme doit s’associer à ses semblables pour faire société, structurer ses relations à travers diverses communautés sur un territoire donné. Si le monde vécu peut être assimilé d’abord à notre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_30" style="width: 450px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.ledortz.com/numerik/cartographie-participative/carto/" rel="attachment wp-att-30"><img src="http://www.ledortz.com/numerik/wp-content/uploads/2012/01/carto.jpg" alt="" title="carto" width="440" height="300" class="size-full wp-image-30" /></a><p class="wp-caption-text">illustration : Franck Le Dortz</p></div>
<p>« L’homme est non seulement un animal social, mais un animal qui ne peut s’individualiser que dans la société », écrivait Karl Marx. Pour s’accomplir, l’homme doit s’associer à ses semblables pour faire société, structurer ses relations à travers diverses communautés sur un territoire donné.</p>
<p>Si le monde vécu peut être assimilé d’abord à notre relation à l’espace, il constitue pour Kant le fondement de toute les expériences extérieures possibles. C’est donc par celui-ci que se manifestent aussi toutes nos interactions sociales, économiques. Ces constructions relèvent d’un espace commun, où chacun se constitue sa sphère privée relevant d’une part intime. Le corps, dans ce qu’il a de plus intime, est aussi un espace vécu et celui-ci est partie prenante dans les formes organisationnelles (institution, entreprise, association).</p>
<p>« La carte n’est pas le territoire » est une phrase empruntée au fondateur de la « sémantique générale », Alfred Korzybski. Pourtant, il semblerait qu’avec les dispositifs numériques, on veuille renverser cette tendance. En effet, on ne lit plus les cartes une fois celles-ci achevées, on se les approprie en participant à sa construction et sa lecture se fait en temps réel. Il s’agit de façon chronologique d’appréhender les évènements dans un espace topologique mieux à même de relier, de connecter les expériences, les réseaux sociaux. Cartographier ce que l’on découvre (le monde), cartographier ce que l’on fait (chemin de fer, route, métro…), cartographier et montrer l’invisible (électricité, internet…). Ce sont des flux de données, sans commencement ni fin, qui viennent nourrir le territoire en le façonnant.</p>
<p>Les premières expériences de cartographie participative sont dues à des artistes, on pense ici à Karen O’Rourke avec son site «<a href="http://www.mapterritory.com/?lang=fr" target="_blank">Une carte plus grande que le territoire</a>» en 2001. Mais c’est vraiment avec le projet <a href="http://openstreetmap.fr/" target="_blank">OpenStreetMap</a> fondé en 2004 que la carte collaborative prend son ampleur sous le nom de néogéographie. La géographie collaborative comme vecteur d’informations en temps réel et l’usage de la géolocalisation favorisent l’émergence de ce type de carte pour la création de points d’intérêt, d’itinéraires, de lieux à partager.</p>
<p>Une cartographie en ligne éditée et réalisée par la municipalité et les habitants de Plouarzel, dans le Finistère, a permis de redessiner la carte de la commune de façon plus convaincante que Google Maps ou même IGN Géoportail. Ce travail, effectué en mode collaboratif, permet d’aboutir à un résultat plus précis. L’autre intérêt de ce type de démarche est bien sûr l’appropriation et la compréhension du territoire par ses habitants, et cela a surtout permis de créer du lien social entre les nouveaux et les anciens habitants.</p>
<p>La cartographie participative est un espace de médiation pour de futurs projets. La carte permet une vision globale et partagée de l’espace, et devient ainsi elle-même un espace où se joue un dialogue entre les habitants mais aussi les habitants et les élus d’un même territoire. Ainsi, on voit apparaître des outils de gestion prêts à l’emploi, qui permettent aux citoyens de soumettre des requêtes à leur mairie au moyen de cartes participatives. Les habitants ont l’expertise d’usage de leur urbanisme, ils veulent donc participer au débat public, et la carte est un bon moyen de se faire entendre et de formaliser sa pensée sur des problèmes d’urbanisme.</p>
<p>L’agglomération de Bordeaux, par son site « <a title="la cub" href="http://www.lacub.fr/grands-projets/agglo-3d" target="_blank">la cub</a> » organisé par thématique, présente son projet métropolitain et ses différentes étapes, mais aussi présente les projets de l’agglomération au travers d’un dispositif en 3 dimensions, où l’habitant peut participer aux concertations sur les zones à projet. De plus, la Communauté Urbaine de Bordeaux a sollicité un grand nombre d’acteurs de l’agglomération, pour qu’ils participent à la démarche Bordeaux Métropole 3.0. Se projeter dans vingt ans, imaginer et décrire la métropole souhaitée pour 2030 : voici l’exercice complexe, mais stimulant, auquel se sont livrés plus de cinquante contributeurs, tant des communes que des acteurs de la société civile (associations, entreprises, instances de démocratie participative…), auxquels s’ajoutent des agents de la Cub, un panel d’experts internationaux, sans oublier les scolaires et les habitants. L’adoption massive des smartphones et de leurs possibilités donne toute sa dimension au recoupement des flux d’information. Les applications de réalité augmentée disponibles sur smartphone permettent ensuite sur le terrain de vérifier les données ainsi produites. Il y a donc le territoire numérique qui vient se superposer à la réalité, créant ainsi un espace augmenté. Et c’est peut-être là le danger, dans la présentation du projet territorial, comme le rappelle la philosophe <a href="http://urbanisme.u-pec.fr/documentation/paroles/anne-cauquelin-64781.kjsp" target="_blank">Anne Cauquelin</a> « Quand ce qui nous est présenté au titre d’une image, d’une simulation, ou d’une fiction, est confronté à la réalité, on peut vraiment se demander alors quels sont les critères de présence, et quels degré ou nuance d’actualité sont appelés à comparaître comme témoin de réalité».</p>
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